Favero Assioma Duo : mon avis après quatre ans d’utilisation

L’essentiel à retenir– J’utilise les Favero Assioma Duo depuis mai 2022 sur toutes mes sorties, sans panne ni déconnexion constatée sur mon exemplaire.
– Leur format pédale facilite le transfert d’un vélo à l’autre. Je les démonte même parfois pour les prêter ou changer de vélo.
– La puissance m’aide autant à structurer l’entraînement qu’à décider en course si je peux accélérer ou si je suis déjà à ma limite.
– Je croise les watts avec ma fréquence cardiaque, car ces deux données sont complémentaires.

J’ai acheté mes Favero Assioma Duo en mai 2022. Plus de quatre ans après, elles sont toujours montées sur mon vélo et je les utilise quelle que soit la sortie : entraînement, Zwift, sortie ordinaire ou course UFOLEP.

Ce recul permet de répondre à des questions qu’un essai de quelques semaines laisse ouvertes. La batterie tient-elle encore ? Les pédales vieillissent-elles bien ? La recharge devient-elle une contrainte ? Et surtout, les watts restent-ils vraiment utiles une fois passée la découverte du capteur de puissance ?

Les Assioma Duo ne font pas progresser à votre place : leur intérêt apparaît lorsque vous apprenez à relier la puissance à vos propres repères, à votre fréquence cardiaque et à vos sensations.

Quatre ans avec les Assioma Duo : mon contexte d’utilisation

J’ai acheté personnellement cette paire chez Alltricks pour 650 €. Il s’agit des Assioma Duo route classiques, compatibles avec les cales de type Look Kéo (et non des versions Duo-Shi ou Pro).

Elles équipent principalement mon Giant Propel de 2019, monté en Shimano 105 avec freins sur jante et roues carbone EVORIDE.
Les pédales communiquent avec un Garmin Edge 830, tandis qu’une ceinture Garmin HRM-Dual envoie ma fréquence cardiaque au compteur.

Je n’ai pas réservé le capteur aux séances structurées. Je l’utilise tout le temps !
Cette régularité compte davantage que le nombre de métriques disponibles : elle me permet de comparer mes sensations à des valeurs observées dans des situations très différentes.

Les pédales servent aussi sur Zwift plusieurs heures par semaine et lors de mes courses UFOLEP. Vous pouvez retrouver ce contexte dans mes récits de sorties et de courses.

Le format pédale a un avantage très simple : je peux les changer de vélo sans toucher au pédalier. Je les démonte ponctuellement pour les prêter à ma compagne. Cette mobilité faisait partie de mes critères d’achat et reste utile aujourd’hui.

Exemple d’utilisation des capteurs de puissance en course UFOLEP

Installation et usage quotidien : simples, avec une précaution sur la calibration

Dans mon cas, les Assioma se comportent comme une paire de pédales classique. Les manivelles de mon Giant Propel mesurent 170 mm et je n’ai ajouté aucune rondelle. Favero précise toutefois qu’une rondelle peut être nécessaire si elle empêche le boîtier du capteur de toucher la manivelle. Mon montage ne doit donc pas être copié sans contrôler votre propre vélo.

L’appairage avec le Garmin Edge 830 ne m’a pas posé de difficulté. Les pédales transmettent les données en ANT+ et Bluetooth. Je recharge, je pédale et les valeurs s’affichent. Depuis 2022, je n’ai constaté ni perte de connexion ni chiffre aberrant.

Je dois en revanche corriger une habitude. Je ne réalise pas de calibration spéciale quand je remonte les pédales. Or Favero recommande une calibration manuelle lors de la première installation et après chaque nouvelle installation.

L’auto-calibration évite de refaire l’opération avant chaque sortie, mais elle ne supprime pas cette recommandation après un transfert entre vélos.

Si vous les déplacez régulièrement, pensez aussi à contrôler la longueur de manivelle enregistrée dans l’application. Une mauvaise valeur fausserait le calcul de puissance. Ce réglage demande peu de temps et mérite d’entrer dans la routine de remontage.

Lire aussi : pour comprendre les différences entre pédales, manivelles et autres systèmes, mon guide des capteurs de puissance complète ce retour longue durée.

À l’entraînement : les watts deviennent utiles quand vous connaissez vos repères

Afficher une puissance ne suffit pas. Pour savoir si 220, 270 ou 320 W représente un effort facile ou difficile, vous devez connaître votre propre niveau et l’actualiser.

Mes repères datent de tests Zwift réalisés en 2024 : une FTP autour de 250 W après un test de 20 minutes et une PMA légèrement supérieure à 300 W après un test de 5 minutes.
Une FTP issue d’un test de 20 minutes reste un outil pratique pour régler des séances, mais elle ne se confond pas exactement avec la puissance critique ou un seuil physiologique mesuré en laboratoire.

Sur mon écran principal, j’affiche :

  • la distance
  • la vitesse instantanée
  • la puissance moyenne sur trois secondes
  • les battements par minute

La moyenne sur trois secondes rend la puissance plus lisible qu’une valeur instantanée qui saute en permanence, tout en restant assez réactive pour ajuster l’effort.

Un second écran affiche la vitesse moyenne et la puissance normalisée depuis le départ. La première dépend beaucoup du parcours et du vent. La seconde aide à mieux représenter le coût d’un effort irrégulier, avec ses accélérations et ses temps de récupération. Je ne les utilise donc pas pour répondre à la même question.

L’intérêt des Assioma vient surtout de la continuité. En utilisant toujours la même source de puissance, j’apprends ce que représentent mes watts sur home-trainer, sur le plat, dans un groupe ou avec de la fatigue. Les nombres prennent progressivement un sens concret.

En course : croiser puissance, fréquence cardiaque et sensations

En course, je regarde la puissance pour savoir où j’en suis. Si le peloton accélère ou si un écart se crée, elle m’aide à estimer si je peux encore forcer pour revenir ou si je suis déjà proche de ma limite.

Je ne décide toutefois jamais à partir des watts seuls. La puissance décrit ce que je produis sur les pédales. La fréquence cardiaque renseigne sur la réponse de mon organisme, avec un délai et des variations liées notamment à la durée de l’effort ou à la chaleur. Les sensations et la situation de course restent indispensables.

Ma fréquence cardiaque maximale de référence est de 182 bpm (atteinte lors d’un test et retrouvée en sortie).
À 160 bpm, soit environ 88 % de cette valeur, je sais par expérience que je suis haut mais que je peux encore poursuivre l’effort !

Ma ceinture cardiofréquencemètre complète donc bien les pédales. Quand les watts restent élevés mais que la fréquence cardiaque n’a pas encore suivi, je sais que l’effort vient de commencer. Quand les deux données sont hautes et que les sensations se dégradent, la marge devient plus faible.

Une séquence de la course d’Abzac 2025 illustre cet usage. À partir de 05:25 dans la vidéo, je produis environ 350 W pendant une dizaine de secondes à 37 km/h, puis autour de 300 W sur environ 400 mètres pour recoller sur le plat. La vitesse monte alors vers 42 km/h, avec deux cyclistes dans ma roue.

À l’inverse, lors de ma course UFOLEP à Mérignac en 2025, les données m’ont aidé à accepter que je ne rentrerais plus. Après une quatrième relance suivant un virage, ma puissance retombait vers 250 W et je n’arrivais plus à accélérer. Bien sûr, la fatigue accumulée et mes sensations confirmaient ce que je voyais sur le compteur.

Batterie, recharge et firmware après quatre ans

Favero annonce au moins 50 heures d’autonomie par charge !
Personnellement, je n’ai jamais chronométré un cycle complet mais dans mon usage, la batterie n’a toutefois jamais limité une sortie.

Je recharge complètement les deux pédales avant une course ou une longue sortie (exemple les 2 cols lors de la GFNY Lourdes). Les connecteurs magnétiques se posent facilement et il faut penser aux deux côtés.

J’ai déjà oublié cette routine avant Bordeaux-Angoulême. Préoccupé par le remplacement de mon pneu arrière, je suis parti pour environ six heures sans recharger les pédales. Elles ont tenu toute la sortie. Cette anecdote me rassure sur mon exemplaire, mais elle ne mesure ni le niveau de départ ni l’autonomie totale restante.

Une mise à jour s’effectue depuis l’application Favero en quelques minutes.

Pour une Duo, il faut bien contrôler les deux côtés.
Favero recommande d’utiliser une application à jour, une connexion Bluetooth et Internet, et des pédales chargées autour de 75 %.

Usure et entretien : mon exemplaire est toujours d’origine

Après plus de quatre ans, je n’ai remplacé ni corps de pédale, ni roulement, ni joint. Je n’entends pas de bruit particulier et je ne ressens pas de jeu.
Seules les cales sous mes chaussures sont remplacées environ une fois par an.

Les pédales ont connu des lavages réguliers et des chocs liés à des chutes sans problème constaté. Je laisse le vélo sécher à l’air avant de le ranger dans un espace peu ventilé.

Favero classe les Assioma IP67, mais recommande tout de même un nettoyage à l’eau ou avec un chiffon humide, sans produit agressif ni jet à haute pression.
Le corps de pédale ne contient pas l’électronique et peut être remplacé si nécessaire. Cette conception est rassurante pour conserver le capteur au-delà de l’usure mécanique du corps, même si je n’ai pas encore eu besoin de le faire.

La mesure bilatérale Duo m’est-elle vraiment utile ?

Les Assioma Duo mesurent réellement la puissance de la jambe gauche et de la jambe droite. Sur l’Uno, Favero mesure le côté gauche puis multiplie cette valeur par deux pour estimer le total.

En théorie, la Duo évite qu’une asymétrie entre les jambes rende cette estimation moins représentative.

C’est précisément pour cette raison que j’ai choisi ce modèle DUO dès le départ et que je le choisirais de nouveau si je devais en racheter.

En pratique, je dois être honnête : je consulte peu l’équilibre gauche-droite. Je n’ai pas de gêne dans mon pédalage et cette donnée ne m’a conduit à modifier ni ma position ni mes séances. Elle ne sert pas non plus à déterminer seul un diagnostic biomécanique ou médical.

Statistiques de puissance depuis Garmin Connect
Statistiques détaillées depuis Garmin Connect

Si votre budget est serré et que vous cherchez surtout une puissance cohérente pour structurer vos entraînements, une solution unilatérale peut suffire. Si vous préférez mesurer séparément les deux jambes, suivez une asymétrie connue ou voulez éviter une extrapolation à partir d’un seul côté, la Duo conserve un avantage clair.

Mon verdict après quatre ans

Oui, je rachèterais les Favero Assioma Duo !

Leurs trois principales qualités sont la fiabilité constatée sur mon exemplaire, l’autonomie qui ne m’a jamais bloqué et la simplicité avec laquelle les données arrivent sur le compteur. Le format pédale facilite aussi le passage d’un vélo à l’autre.

Le prix représente un investissement important lorsque vous débutez.
Il faut également recharger deux batteries (une par pédale) et, si vous déplacez les pédales, penser à la calibration manuelle recommandée ainsi qu’au réglage de la longueur de manivelle.

Je les conseille d’abord au cycliste régulier qui veut réellement s’entraîner avec la puissance et conserver le même capteur sur plusieurs vélos. Si vous ne comptez regarder les watts qu’occasionnellement, l’investissement sera difficile à justifier.
Une paire d’Assioma Uno peut alors mieux se justifier pour réduire le budget.

Les Duo ne remplacent ni la connaissance de soi, ni les sensations, ni la tactique. Elles donnent en revanche un repère objectif qui devient de plus en plus utile à mesure que vous apprenez à l’interpréter.

Ludo

Ludo

Créateur de CommeUnVelo, je me suis mis à rédiger des articles puis des vidéos sur YouTube pour aider le plus grand nombre à comprendre l'univers technique du vélo.
En 2012, je me suis mis à la course à pied, en 2017 au vélo (vélotaf, UFOLEP), cyclocross et en 2018 je me lance sur le triathlon que je pratique toujours !

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