Sommaire
- 1 Organisation : dès le départ, ça met dans le bon rythme
- 2 Début de course : ça descend, ça relance, et je m’accroche aux bons groupes
- 3 « Je suis » : le vrai objectif, c’est de profiter de l’aspiration
- 4 Le premier ravitaillement : petit stop, et on repart
- 5 Descente et enchaînements : vitesse, vigilance, et un petit rappel
- 6 La bosse avant le ravito : ça monte lent, mais le public aide
- 7 Mi-course : ça commence à tirer, et je dois chasser
- 8 Derniers 10 km : je refuse de faire l’élastique
- 9 L’arrivée : lucide jusqu’au bout
- 10 Résultats et chiffres du jour
- 11 Analyse à froid
- 12 Matériel & gestion
- 13 Conclusion : un vrai pas en avant
Cette année, je reviens sur la Bizikleta avec une idée simple : faire mieux que l’an dernier. En 2024, j’avais pris la pluie, et avec mes patins ça m’avait pas mal limité mentalement.
Là, pas de flotte. Le but du jour est clair dans ma tête : envoyer des watts, remonter, rester dans les groupes qui roulent, et surtout ne pas subir comme un passager.
Je sais déjà que ça va être une course « nerveuse » : virages, relances, bosses, descentes… et ce moment où tu passes de « tout seul » à « dans un groupe » (ou l’inverse) en quelques secondes.
Organisation : dès le départ, ça met dans le bon rythme
À peine lancé, je vois que l’organisation est propre : motos ouvreuses, voitures, bénévoles, des zones bien encadrées, et une ambiance qui met tout de suite dans le bain.
Ça change beaucoup de choses : quand tu sais que les intersections sont gérées et que les voitures sont tenues à distance, tu peux te concentrer sur l’essentiel : les roues, la trajectoire, le placement.
Et je le sens dès les premiers kilomètres : au moindre groupe qui part, je me dis « ok, celui-là je le suis ». Pas d’hésitation. Je veux être dans le bon wagon.

Début de course : ça descend, ça relance, et je m’accroche aux bons groupes
Rapidement, ça enchaîne. Dès que ça bascule un peu, la vitesse monte. Et sur ce genre de parcours, tu passes ton temps à faire le yo-yo :
- tu te places,
- tu relances en sortie de virage,
- tu récupères deux secondes,
- et tu recommences.
Je me surprends à être assez offensif dans l’approche : dès que je peux passer, je passe. Je double pour gagner des places, pour éviter de rester coincé derrière quelqu’un qui freine trop tôt, et pour ne pas me faire éjecter au prochain changement de rythme.
Et puis il y a un truc que j’aime bien sur ce type de parcours : après une bosse, il y a souvent du plat ou une descente. Donc même si je souffre un peu dans la pente (comme d’habitude), je sais que je peux revenir si je m’applique.
« Je suis » : le vrai objectif, c’est de profiter de l’aspiration
À un moment, je me dis un truc simple : arrête de faire la course tout seul.
Je recolle pour bénéficier du drafting, arrêter de me poser mille questions, et juste faire le boulot : rester dans les roues, concentré, sans toucher devant.
Dans les bosses, je force… mais je ne vais pas mentir : je ne suis pas très bon dans les côtes. Souvent, ça me dépasse de partout. Le seul moyen que j’ai, c’est d’accepter ce point faible, limiter la casse, et revenir dès que ça roule.

Le premier ravitaillement : petit stop, et on repart
Premier ravitaillement : je ne fais pas compliqué. Je prends une poignée de cacahuètes, et ça me suffit. J’ai ce qu’il faut sur moi : gels endurance Nutripure, barres Clif, et je sais qu’il y aura plusieurs ravitaillements sur le parcours.
Ça me rassure : ça veut dire que je peux gérer l’eau et le sucre sans tout porter dès le départ.
Je repars direct. Pas question de refroidir trop longtemps.
Descente et enchaînements : vitesse, vigilance, et un petit rappel
Sur les parties rapides, ça va vite. Très vite. Je vois passer des passages à 60 km/h, et je kiffe… mais je reste lucide : virages, visibilité, et parfois des trucs inattendus.
À un moment, je vois même une petite chute : un coureur part dans l’herbe. Ça remet les idées en place. Tu peux être bien, tu peux être dans un bon groupe… si tu te relâches une seconde dans un virage, ça peut finir bêtement.
Donc je garde une règle simple : propre avant tout. Et quand ça ressort, je remets du rythme.

La bosse avant le ravito : ça monte lent, mais le public aide
Il y a LA bosse avant un ravitaillement. Celle où tu comprends que tu ne vas pas “passer en force” comme sur une petite talus de plaine.
Je monte à mon rythme. Sur un passage, je suis autour de 6-7 km/h, avec une cadence plutôt basse (50-60 tours/min). Et pourtant, côté cardio, je suis autour des 150 bpm. Je le sens : ce n’est pas juste le cœur. C’est les jambes, la capacité à appuyer longtemps.
Là, l’ambiance joue clairement : le public est présent, ça encourage, ça te met un petit coup de boost. Tu n’avances pas plus vite d’un coup, mais tu tiens le mental.
Mi-course : ça commence à tirer, et je dois chasser
Plus loin, ça devient plus dur. Je suis parfois tout seul, je dois relancer pour revenir, refaire la jonction.
À un moment, je recolle après environ un kilomètre à la poursuite, et ça me motive : passer de “seul” à « dans un groupe », ça change tout. Tu récupères mieux, tu reprends de la vitesse, et tu retrouves une course « normale ».
Je repère aussi un ravitaillement vers 68 km. Je continue à faire simple : un peu de ravito, et je repars.
Vers 85 km, je commence à sentir la fatigue arriver. Il y a des bosses, et forcément, je sais que ça va piquer. Là, l’objectif devient : ne pas craquer mentalement. Je veux continuer à avancer.

Derniers 10 km : je refuse de faire l’élastique
Et puis arrive le panneau que j’attendais : les dix derniers kilomètres.
Je me retrouve avec un petit paquet. Et là, je me fixe une règle : ne pas faire l’élastique. Parce que d’habitude, sur les fins de course, je subis : je laisse un trou, je bouche, je re-subis… et je finis rincé.
Cette fois, je m’applique :
- je me place,
- je participe aux relais,
- je reste dans le bon tempo.
On roule à plus de 40 km/h en relais. Et ce qui est intéressant, c’est que je vois aussi que mentalement, ça change : quand tu es bien placé, l’effort passe mieux. Je regarde même le cardio à un moment : je ne suis même pas à 140. Comme quoi, parfois, ce n’est pas uniquement la condition : c’est aussi la manière de courir.
Je mets du rythme autour de 300 watts sur certaines portions, et je sens que ça répond.

Le moment où je remets fort
Sur un passage, je vois que je peux me mettre devant et tenir une bonne vitesse. Je roule à l’avant à 38-39 km/h sur une courte séquence (je ne sais plus si ça dure 700-800 mètres, mais je sais que je le tiens). Ça me fait du bien : je sens que j’ai encore des jambes, et surtout je ne subis plus.
Et quand ça re-saute, je lâche une grosse cartouche : je vois passer un pic à plus de 800 watts. Pas pour faire le malin, juste pour rester dans le bon groupe au bon moment.
Je souffle, je bois un coup, je me recale. Et je repars.
L’arrivée : lucide jusqu’au bout
Sur la fin, je fais attention : il y a des barrières, ça se resserre, et je n’ose pas aller me frotter trop près. Je préfère finir propre que de prendre un risque inutile.
Je franchis la ligne. Et là, je peux enfin souffler : c’est fait.

Résultats et chiffres du jour
Sur cette Bizikleta, je retiens surtout les progrès par rapport à l’an dernier :
- Le parcours annonce 108 km et 1500 m de dénivelé positif (de mon côté, j’ai aussi vu environ 110 km au total).
- Je termine 409e, et autour de la 80e place dans ma catégorie.
- Moyenne proche de 31 km/h (30,95).
- Temps autour de 3h30, contre environ 3h50 l’an dernier (donc ~20 minutes de mieux).
- Puissance “moyenne normalisée” autour de 210 (de ce que je vois après coup).



Analyse à froid
Ce qui a fonctionné
- Le placement et la réactivité : dès qu’un groupe partait, je suivais, et j’ai moins attendu « que ça revienne ».
- La volonté de ne pas subir : doubler quand il fallait, recoller pour profiter de l’aspiration, éviter l’élastique dans le final.
- Le final : les 10 derniers kilomètres mieux gérés, avec des relais et une vraie intention de rester devant.
Ce qui a moins bien fonctionné
- Les bosses : ça reste mon point faible. Je force, mais je me fais dépasser, et je dois compenser ensuite.
- La gestion solo : quand je me retrouve seul, ça coûte cher en énergie. J’ai dû chasser à plusieurs reprises.
- M’être parfois mis dans le rouge “juste” pour recoller, au lieu de choisir un rythme un peu plus stable.
Matériel & gestion
Vélo / freinage
Le gros changement par rapport à l’an dernier : pas de pluie.
Avec les patins, ça m’a donné plus de confiance pour freiner, surtout dans les descentes et les épingles. J’ai pu être plus serein dans les virages rapides.
Nutrition / ravitaillement
- Sur le vélo : gels et barres (je finis par en consommer trois gels et une barre à un moment).
- Aux ravitos : cacahuètes (et même un combo cacahuète + chocolat sur un ravitaillement).
- Hydratation : je profite des ravitaillements, et je bois dès que je peux, surtout après les gros efforts.
Conclusion : un vrai pas en avant
Cette Bizikleta 2025, je la retiens pour une chose : j’ai vraiment eu la sensation d’avancer, et pas juste de survivre entre deux relances. Sans la pluie, avec un final mieux couru, et une moyenne autour de 31 km/h, je vois une progression concrète par rapport à l’an dernier.
Il reste du travail sur les bosses, clairement. Mais sur le rythme, la façon de courir, et la gestion de fin de course… là, je suis dans le bon sens.








