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Le dérailleur électrique : quel confort ?


Les dérailleurs électriques ont commencé à faire parler d’eux dans les années 2010. Aujourd’hui, ils sont plus répandus, mais restent relativement chers.

Eh oui, ils sont presque réservés aux professionnels et aux passionnés qui peuvent consacrer un certain budget à leur petite reine. En tout cas, je confirme qu’il s’agit d’un matériel confortable, dont on peut difficilement se passer une fois qu’on l’a essayé.

Quel rôle joue le dérailleur ?

Rappelons que le dérailleur représente un périphérique très important sur le vélo. Changer les vitesses vous permet de varier votre allure, diminuer l’effort à fournir et s’adapter à la structure et au dénivelé de la chaussée.

La pièce circulaire dentée sur le moyeu arrière se nomme une cassette.
Et le plateau est la pièce dentée qui se trouve devant au milieu du cadre.

Comme le sélecteur de boîte de vitesse chez une voiture, le dérailleur d’un vélo permet de changer de vitesse. Si le réglage du dérailleur arrière n’est pas fait d’une manière très précise, la transmission du vélo ne fonctionne pas normalement (vitesse qui passe mal, saut de vitesse, etc.) et la chaîne risque de dérailler.

Un levier de dérailleurs Shimano Ultegra

L’entreprise américaine Sram, la firme japonaise Shimano et la société italienne Campagnolo sont les plus importants fournisseurs en dérailleur vélo au niveau mondial.

Campagnolo est reconnu pour la qualité de ses équipements, Shimano présente le meilleur rapport qualité-prix, et Sram détient le record de la légèreté.

Il ne faut pas mélanger des pièces de marques différentes dans une transmission pour échapper aux problèmes de compatibilité. Même issus d’un même fabricant, les modèles ne sont pas forcément interchangeables.

Depuis quand les dérailleurs électriques existent-ils ?

Au XIXe siècle déjà, un prototype de système de transmission par déraillement mécanique de la chaine fut présenté au Salon du Vélocipède de Paris. C’était en 1869, plus précisément. Le dérailleur a été utilisé pour la première fois au Tour de France de 1912, mais il sera interdit jusqu’en 1937, année où les cyclistes compétiteurs ont de nouveau pu adopter cette transmission ingénieuse.
Aujourd’hui, tous les vélos sont équipés d’un changement de vitesse électrique sur le Tour de France, et le système est entré dans l’ère électronique.

La première transmission électronique sans fil est apparue en 1999 avec le système Mektronic de Mavic. Les travaux concernant les dérailleurs électriques ont commencé quelques années plus tôt, en 1992.

Le premier dérailleur électrique Mavic Mektronic

C’est également dans les années 1990 que la firme italienne Campagnolo travaille sur ce type de dérailleur. Mais c’est en 2005, lorsque le fabricant équipe plusieurs cyclistes sur le Tour d’Italie, que le dérailleur électrique acquiert une certaine notoriété.
Shimano sort son premier modèle en 2008, puis le Dura-Ace Di2 l’année suivante.
C’est en 2011 qu’on voit apparaitre le CTL de Campagnolo, qui donnera ensuite naissance aux fameux EPS. À partir de là, les dérailleurs électriques vont devenir tendance auprès des cyclistes.
Toutefois, loin d’être un simple effet de mode, elles apportent un vrai plus par rapport aux transmissions mécaniques traditionnelles.

Le fonctionnement du dérailleur électrique

Découvrons comment fonctionne le dérailleur électrique

Le système « Synchro shift » de Shimano simplifie le passage des vitesses, et tout se fait avec une seule main car il n’y a plus qu’une seule façon de passer les vitesses, tout est automatique.

Suivant les réglages personnalisés que vous avez choisi grâce à l’application, le dérailleur sélectionne automatiquement le bon ratio en changeant s’il est nécessaire de plateau.
Vous n’avez plus à choisir entre le réglage de la cassette par rapport au plateau !
Voici comment ça marche en vidéo :

Le fabricant SRAM propose également son système électrique avec le Red eTAP sans-fil :

Sur ce modèle, les batteries sont fixées sur les dérailleurs, cela dépend.

Le système permet également de passer les vitesses qui guidon même quand les mains ne sont pas posées sur les leviers, c’est à dire quand vous placez vos mains en position haute, c’est très pratique.

Quels sont les avantages du dérailleur électrique ?

Tout d’abord, il permet de changer de vitesse très rapidement et facilement.
Il vous suffit d’appuyer sur le bouton des manettes pour enclencher le changement de rapports, cela prend moitié moins de temps qu’avec une transmission mécanique. Cela nécessite également moins d’effort. Avec un dérailleur classique, il faut appuyer (parfois avec une certaine force) sur les leviers de commande pour que le changement de vitesse soit effectif. D’ailleurs, même s’il s’agit de bouton, la commande électrique est facile à actionner, car le bouton est suffisamment grand. Même un cycliste ganté s’y retrouve facilement.

Contrairement au cas avec un dérailleur mécanique, il est possible de changer de vitesse sur plusieurs niveaux en même temps sur un système électrique. Par exemple, pour passer trois pignons simultanément, vous n’avez qu’à appuyer trois fois sur le bouton. Par ailleurs, l’existence d’un moteur rend le dérailleur électrique plus résistant face aux éléments. Même à basse température, le changement de vitesse ne ralentit pas.
Il est possible de passer toute la cassette arrière en quelques secondes, il suffit d’appuyer en continu sur le bouton.

Le dérailleur électrique assure également un changement de braquet plus précis, avec plus de fiabilité. Vous pouvez changer de braquet très souvent sans problème. C’est là un grand avantage si vous voulez bien gérer votre effort sur un parcours assez difficile.

Avec un alignement automatique, la chaine est préservée des frottements. Le dérailleur avant s’aligne de lui-même avec le dérailleur arrière, ainsi que les plateaux et la chaîne. Plus besoin de réajustement, l’indexation est automatique.
La transmission reste ainsi silencieuse car il n’y a jamais de déréglage !
Les frottements, et les croisements de chaine sont de l’histoire ancienne.

Concernant la batterie, elle présente aujourd’hui une grande autonomie (plusieurs milliers de kilomètres).
Par exemple, l’autonomie d’un Campagnolo Record EPS (Electronic Power Shift) est de 3000 km alors que celle du Shimano Ultegra Di2 dépasse les 4000 km.
Démonter, recharger et installer la batterie est simple et ne se fait pas fréquemment. Il faut toutefois adopter le bon réflexe de la vérifier après chaque randonnée, avant le départ serait trop tard.
Un autre avantage est lorsque la batterie est faible, c’est le dérailleur avant qui arrête de fonctionner en premier lieu. Même si la batterie du dérailleur électrique est parfois peu esthétique, il est possible actuellement de la loger sous la selle ou carrément dans la tige de selle !

Les groupes électriques de transmissions peuvent être reliés à un smartphone ou un GPS vélo. Cette fonction connectique permet de personnaliser le système, de géolocaliser le vélo et de bénéficier d’une téléassistance. L’écran affiche également la situation générale du groupe telle que le positionnement du braquet utilisé et l’état des batteries.
Avec son système E-tube project, Shimano propose également un changement de vitesse automatique qui se base sur la vélocité (votre cadence de pédalage) et la vitesse de déplacement du vélo !

Le logiciel Shimano e-tube di2

Les dérailleurs électriques sans fil sont les plus pratiques, Sram en propose depuis 2017.
Les dérailleurs avant et arrière ont chacun leur propre batterie. Elles sont interchangeables et faciles à désinstaller pour la charge. Ce système est très facile à monter sur le cadre du vélo, car il ne contient aucun filage. Électroniques, les manettes et les dérailleurs se font reconnaître après l’installation et c’est prêt. De son côté, Shimano est en train de créer les manettes Di2 sans fil avec un changement du fonctionnement du levier en vue.

Avec le système sans-fil, il n’y a plus d’usures de câbles et de gaines à remplacer, cela fait un entretien de moins à réaliser sur son vélo !
Pour voir le kit SRAM Red eTap en action avec un dérailleur électrique complètement sans-fil :

Quant au poids total, la version électrique est jusqu’à 400 grammes plus légère que la version mécanique.

Est-ce qu’il existe des inconvénients ?

Rien à signaler en ce qui concerne l’utilisation proprement dite du dérailleur électrique. Certes, on pourrait sans doute trouver quelques points jugés négatifs, mais qui restent peu importants face au confort que procure ce matériel. Par exemple, la nécessité de recharger la batterie peut causer de mauvaises surprises. Avec son autonomie qui dure largement plus de trois mois, c’est facile de l’oublier ! Cela risque de vous embêter lors d’une sortie, mais si vous prenez le temps de vérifier l’état des batteries avant chaque trajet, cela ne devrait pas arriver.

Les câbles pour leur part ne nécessitent pas d’entretien particulier. Il suffit de les mettre en place et de ne plus y toucher, sauf que l’installation elle-même peut s’avérer très laborieuse.
Avec l’apparition des modèles sans fils, ce problème a été corrigé (pour ceux qui peuvent s’offrir un dérailleur électronique 😉 ).
Certaines modèles apparus en 2012 pouvaient être sensible à l’humidité mais il s’agit des premiers modèles, et ce problème a été corrigés depuis.

Sur les VTT, le modèle Shimano XT Di2 est généralement soumis à une rude épreuve et fonctionne toujours :

Le shimano di2 lors d'une sortie VTT dans la boue

En fait, le seul véritable point noir des groupes électriques, c’est leur prix.
Il faut un budget conséquent pour s’équiper.

Par exemple, vous devrez débourser au moins 1000 € de plus pour acquérir un Shimano Ultegra Di2 par rapport à un Ultegra mécanique. La fourchette de prix reste très large et très élevée, allant facilement au-delà de 3000 €. Autant dire que c’est du lourd pour les portefeuilles.

Les différents modèles de dérailleurs

Les 3 constructeurs historique du marché proposent des dérailleurs électriques avec chacun leur modèle phare sous le nom :

  • SHIMANO : Di2
  • SRAM : Red e-tap
  • CAMPAGNOLO : EPS
SRAM Red e-tapSHIMANO Di2CAMPAGNOLO EPS
SRAM Red e-tap Le groupe Shimano Di2 Groupe Campagnolo EPS
Prix €€ €€ €€€
ALLTRICKS
MATERIEL-VELO
WIGGLE
WIGGLE
MATERIEL-VELO
WIGGLE

Pour rappel, suivant les constructeurs, la batterie n’est pas situé au même endroit, par exemple, chez Shimano Di2, la batterie est logée dans le tube de selle, alors que chez Sram, la batterie est directement fixé sur chaucune des dérailleurs.

À qui sont destinés les dérailleurs électriques ?

En premier lieu aux vélos de course. Parce que les coureurs professionnels en ont le plus besoin. Sur un dérailleur électronique sans fil, la synchronisation des éléments du groupe de transmission se fait à l’aide d’une technologie avoisinant le Bluetooth. Il n’y a aucun risque de piratage ou d’interférence sur la piste de course, car cette technique développée par Sram est chiffrée. Outre la question du besoin, il faut dire que les coureurs ont généralement le moyen d’acquérir un groupe électrique ou électronique.

Plus généralement, un dérailleur électrique est destiné à tout cycliste adepte de vitesse, quel que soit son vélo. Aucune condition venant de l’environnement n’est capable de ralentir une bicyclette équipée de dérailleur électrique. Par ailleurs, le risque d’accident est nul ou presque, car vous êtes sécurisé avec la commande de vitesse facile à contrôler.

Un cervélo équipé d'un groupe SRAM RED E-TAP

La transmission électrique est également intéressante pour les vélos à assistance électriques, afin d’offrir au cycliste un confort optimal. Les dérailleurs électriques sont légers et rigides. Ils fonctionnent à merveille avec les moteurs centraux Bosch, Brose et Yamaha. Cette option est surtout intéressante pour les seniors passionnés de cyclisme, qui désirent pratiquer avec un véhicule moins fatigant. La présence d’un moteur, associée à un dérailleur électrique forme un ensemble à la fois plus confortable et plus sécurisé.

Enfin, et on y revient, tout est finalement une question de pouvoir d’achat. Rien ne vous empêche de vous faire plaisir si vous disposez des moyens nécessaires, même si vous faites du vélo en amateur seulement quelques fois dans l’année.

Comment équiper mon vélo d’une transmission électrique ?

Les fabricants livrent le matériel avec une notice bien claire, mais les manipulations nécessaires restent techniques et minutieuses, notamment le passage des câbles au niveau des manettes. Sur le cadre, ça passe encore.

Évidemment, si vous possédez un dérailleur sans-fil, l’installation est grandement simplifiée.
L’installation d’un groupe électrique se suit étape par étape, et généralement, avec de la patience, tout le monde peut y arriver.

Pour l’avoir vécu, ce qui rend frileuses les personnes qui veulent changer elles-mêmes la transmission, c’est généralement la partie réglage des dérailleurs avant et arrière !
Je répondrai que grâce à l’électrique, vous n’avez plus à vous en faire et le réglage devient enfantin comme vous avez pu le découvrir dans les vidéos précédentes !

Comment entretenir un dérailleur électrique ?

L’entretien n’est pas spécifique par rapport au modèle mécanique !

En effet, il faut toujours nettoyer et entretenir sa transmission quelque soit le dérailleur choisi.

Pour le reste, avec les modèles sans-fil comme ceux de Sram, l’entretien est simple car il n’y a même plus de gaines ou de câbles à graisser pour fluidifier le passage des vitesses !
Seule la partie touchant à la chaine est à huiler.

Et finalement, que choisir : dérailleur mécanique ou électrique ?

Quoi qu’on dise, le dérailleur mécanique traditionnel demeure un matériel fiable et robuste, qui convient aussi bien aux cyclistes du dimanche qu’aux coureurs.
Toutefois, le modèle électrique est plus intéressant pour les pratiquants d’un certain niveau, qui recherchent plus de confort et veulent améliorer leurs performances. C’est également indiqué pour les cyclistes sportifs qui effectuent des sorties fréquentes, surtout sur des pistes irrégulières (balades dans la nature) ou sur de longues distances. Vu la complexité du système électrique, il est souhaitable d’acquérir certaines notions si l’on veut entretenir son dérailleur. Autrement, il faut fréquenter un vélociste comme on vient de le remarquer.

En résumé, la liste des points positifs à mes yeux :

  • aucun déréglage avec l’indexation automatique
  • une transmission silencieuse car toujours bien alignée
  • aucun usure de câble ou de gaines (pour les modèles sans-fils)
  • changement de plateau rapide

Le dérailleur mécanique reste recommandé pour les personnes qui débutent dans le cyclisme, les personnes qui pratiquent le vélo de manière occasionnelle, ceux qui pédalent habituellement sur des pistes très correctes, ainsi que les personnes qui utilisent un vélo de route pour un usage urbain.

Les sportifs qui veulent accroître leurs performances, mais qui ne disposent pas du budget nécessaire, peuvent pour leur part opter pour des groupes mécaniques haut de gamme. Ceux-ci offrent déjà un grand confort tout en demeurant largement plus abordables que les modèles électriques.

Toutefois, la démocratisation des dérailleurs électriques se poursuit. Il est à espérer que dans les années à venir, les modèles en série des grands fabricants deviendront plus accessibles et finiront par intégrer le cyclisme de masse (comme le freins à disque je dirais).

Allez-vous passer au dérailleur électrique ou cela sera de toutes façons installé


2 pensées sur “Le dérailleur électrique : quel confort ?

  • 13 mai 2019 à 14 h 40 min
    Permalink

    Aucun inconvénient?
    > chez les pros on voit pas mal de panne de dérailleur : problème de batterie, dérailleur bloqué…
    plus ou moins qu’avec les transmissions mécaniques, d’ailleurs, bonne question?
    > l’entretien est-il encore possible à la maison?
    > quelle longévité de l’électronique?

    Répondre
    • 13 mai 2019 à 21 h 55 min
      Permalink

      Bonjour Tom,
      Niveau panne, je n’ai jamais trouvé de tableau avec le taux de retour des composants. C’est d’ailleurs compliqué de savoir s’il y a beaucoup de pannes car généralement les gens qui en parlent ce sont ceux qui ont des problèmes, et pour la majorité pour laquelle cela fonctionne, c’est rare d’avoir des retours.
      L’entretien d’un dérailleur électrique est plutôt simplifié car le réglage est quasiment automatique (plus de gaines, câbles, et de tensions de câbles à gérer). Si le système fonctionne, c’est bluffant !
      Après, personnellement, je n’avais pas de problèmes avec le dérailleur mécanique, par contre, en cyclocross, en plein hiver avec les doigts gelés, j’ai rêvé plus d’une foie d’avoir un dérailleur électrique, haha. 😉
      Concernant l’évolution, de toutes façons, nous n’allons pas y échapper car les modèles (certes haut de gamme pour le moment) s’en retrouve équiper par défaut.

      Répondre

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